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Blandine, maman française de 27 ans, Javier, papa péruvien de 40 ans & Soline, 11 mois.

 »   » Du côté de ma belle famille péruvienne et de la plupart des gens sur place, la question ne se posait même pas. Personne ne m’a jamais dit :  » Veux-tu allaiter ?  » mais plutôt  » quand tu allaiteras… « . J’ai toujours eu l’impression qu’ici, c’était la norme, et que personne ne se posait la question. « 

 » Je suis Blandine, j’ai 27 ans et avec Javier, qui est péruvien, nous sommes parents d’une petite Soline. Elle a aujourd’hui 11 mois. Je suis arrivée au Pérou il y a 2 ans, et j’ai fait le choix de vivre toute ma grossesse ici, contrôles prénataux et accouchement compris. Dès mes premiers rendez-vous avec la sage femme, l’allaitement a été un sujet très présent. J’avais de mon côté quelques appréhensions, même si c’était quelque chose que je voulais tenter avec mon futur bébé. J’avais en tête les expériences de ma mère et de ma soeur, pour qui l’allaitement avait été assez compliqué, douloureux et donc très court. N’étant pas dans mon pays et étant un peu perdue quant aux différentes alternatives proposées, j’en parlais beaucoup à ma sage femme qui à chaque fois me répondait la même chose : pour elle, c’était avant tout une question de volonté, donc si je le voulais, il n’y avait aucune raison que ça ne fonctionne pas !

Du côté de ma belle famille péruvienne et de la plupart des gens sur place, la question ne se posait même pas. Personne ne m’a jamais dit :  » Veux-tu allaiter ?  » mais plutôt  » quand tu allaiteras… « . J’ai toujours eu l’impression qu’ici, c’était la norme, et que personne ne se posait la question. Au Pérou, il est très fréquent de voir des femmes allaiter dans la rue, les transports en commun, les lieux publics. Personne n’y prête vraiment attention, c’est banal. Tout le monde sait que c’est ce qu’il y a de mieux pour l’enfant donc qu’il n’y a aucune raison de l’en priver. Dans la salle d’attente de l’hôpital dans lequel j’allais accoucher, il y avait beaucoup de panneaux et brochures sur l’allaitement, dont un intitulé  » 100 bonnes raisons pour allaiter ton enfant « . S’ils arrivent à en trouver 100, c’est que ça doit valoir la coup d’essayer quand même…!
Ici les femmes allaitent au minimum 6 mois exclusivement, et ensuite jusqu’aux 2 ans de l’enfant en complément de l’alimentation. On parle bien sûr d’allaitement à la demande, sans restriction d’horaire ou de temps de tétées. Une de mes belle-sœur, qui avait dû reprendre le travail aux 3 mois de sa fille, a réussi à l’allaiter jusqu’à plus d’un an malgré tout. Elle avait du temps aménagé dans son planning pour tirer son lait, et son mari ou la nourrice de sa fille venait le chercher directement à son travail. Elle a été et s’est sentie très soutenue. Au Pérou, on ne décourage jamais une maman qui veut continuer l’allaitement. 

Pour mon mari, c’était aussi quelque chose de très important. Quand on en parlait ensemble, je lui disais souvent que dans l’idéal, je souhaitais allaiter au moins trois mois, ce qui déjà me paraissait honorable aux vues des expériences des autres mamans de ma famille ! Pour lui, cela semblait très voire trop court, et il m’encourageait fortement à allaiter le plus longtemps possible. 

 » Dans mon cas, n’ayant jamais eu de contraction et ayant été séparée de Soline pendant 12 heures, je n’ai pas du tout senti tout ce processus habituellement naturel. Ce que j’ai bien senti, par contre, quand on a placé Soline pour la première fois au sein, c’est que rien ne venait, malgré ses efforts de succion. « 

La naissance de Soline s’est malheureusement terminée en césarienne d’urgence suite à un contrôle hebdomadaire inquiétant. Nous avons alors été séparées pendant 12 heures, parce qu’il n’y avait pas de chambre disponible tout de suite si j’ai bien compris… Quand j’ai enfin pu la retrouver, elle avait été nourri au lait artificiel pour la faire patienter. J’avais entendu parler de la montée de lait qui suit l’accouchement et du fait qu’entre le plein d’hormones et la succion exercée par le bébé, l’allaitement pouvait commencer de manière assez simple et fluide. Dans mon cas, n’ayant jamais eu de contraction et ayant été séparée de Soline pendant 12 heures, je n’ai pas du tout senti tout ce processus habituellement naturel. Ce que j’ai bien senti, par contre, quand on a placé Soline pour la première fois au sein, c’est que rien ne venait, malgré ses efforts de succion. Les infirmières m’ont donc montré comment bien placer Soline et comment stimuler au mieux la lactation, via des massages notamment. 
Je me suis accrochée très fort psychologiquement et physiquement le premier mois : j’avais les seins hyper sensibles et j’avais l’impression que les tétées duraient des heures. Javier m’aidait beaucoup quand il était là ; entre chaque tétée, il faisait faire le rot à Soline pendant que je me badigeonnais de lanoline… J’ai notamment consulté la Leche League qui est très présente ici, et qui organise une fois par semaine des rencontres pour les parents et futurs parents, afin de partager des témoignages, difficultés et conseils. 

 » Puis peu à peu, elle a commencé à me regarder, à me toucher le visage, à entortiller ses pieds autour de mes bras, à me griffer, à me taper, à me sourire… Je n’étais plus seulement « le lait » mais bien sa maman. C’est une superbe sensation de comblement. « 

Et finalement après tout juste un mois, tout a été plus simple. J’avais surtout beaucoup moins mal et cela rendait les moments de tétée beaucoup plus supportables, voire agréables. C’est à partir de ce moment là que j’ai commencé à apprécier cette intimité avec ma fille : ses premiers regards, ses premiers caresses… Ce sont des moments tellement privilégiés entre elle et moi, qui nous ont aidées à nous découvrir et à nous connaître, et à développer une relation intense et privilégiée. 
Au début, Soline s’endormait beaucoup au sein. Puis peu à peu, elle a commencé à me regarder, à me toucher le visage, à entortiller ses pieds autour de mes bras, à me griffer, à me taper, à me sourire… Je n’étais plus seulement « le lait » mais bien sa maman. C’est une superbe sensation de comblement. Je peux nourrir mon enfant, partager avec elle des moments rien qu’à nous et développer avec elle une relation très forte. Et au-delà de tout ça, c’est tellement pratique : le lait est toujours prêt, je n’ai pas besoin de m’embêter avec la stérilisation des biberons, la dilution du lait en poudre, la température. Je l’ai toujours sur moi, prêt à l’emploi. On doit aller quelque part ? On tarde plus que prévu ? Hop, pas de souci, je mets Soline au sein n’importe où, n’importe quand…  Bébé est content et les parents moins stressés ! Pour nous, être parents a déjà chamboulé tant de choses que si je peux m’économiser de devoir penser à quelque chose de plus en terme d’organisation, je suis preneuse ! Enfin, c’est économique et ça permet d’utiliser les réserves corporelles et de perdre du poids plus facilement… Nickel !
Bien sûr, c’est assez prenant, car quand on allaite, on ne peut pas faire grand chose d’autre en même temps, et la maman est la seule à pouvoir le faire. Mais ça m’a aussi appris à me poser, à passer du temps avec ma fille à 100% et ça me permet aussi de me reposer… 

 » Ici, on nous demande très peu quand on veut arrêter d’allaiter son enfant. Dans mon cas on m’a toujours encouragée à continuer, surtout du côté de ma belle-famille péruvienne. Ma famille et mes amis français sont surpris que Soline soit toujours allaitée, ils le respectent, mais ils me demandent souvent jusqu’à quand elle le sera… « 

J’avais donc en tête d’allaiter au moins jusqu’à 6 mois ce qui, pour une française, me semblait déjà un sacré record ! et puis quand les 6 mois sont arrivés, j’ai commencé la diversification en continuant l’allaitement et je me suis dis que je le ferais au moins jusqu’à un an… Maintenant que ce un an arrive bientôt, je ne pense pas qu’on s’arrêtera de but en blanc. Je suis beaucoup plus ouverte maintenant, donc je ne programme pas trop et on verra ! Ici, on nous demande très peu quand on veut arrêter d’allaiter son enfant. Dans mon cas on m’a toujours encouragée à continuer, surtout du côté de ma belle-famille péruvienne. Ma famille et mes amis français sont surpris que Soline soit toujours allaitée, ils le respectent, mais ils me demandent souvent jusqu’à quand elle le sera… Toutefois, je dois dire que je ne ressens aucune pression de leur part. C’est juste peu commun, en France, d’allaiter aussi longtemps. Certaines personnes ont donc du mal à le comprendre, notamment si elles n’ont pas encore d’enfant.

En résumé, si on m’avait dit avant d’accoucher que j’allaiterais aussi longtemps, je ne l’aurais jamais cru. Mais en vivant les choses, on les ressent différemment, et je continue à suivre ce que je pense être bien pour ma fille sans me préoccuper de ce que peuvent penser les Péruviens ou les Français! L’allaitement à été pour moi une découverte plus que positive que je suis heureuse de vivre encore chaque jour. « 

A quel âge un bébé est-il prêt à arrêter de téter ?

… et la maman à arrêter d’allaiter ? Les avis divergent.
Aujourd’hui, l’OMS recommande toujours un allaitement exclusif pendant 6 mois, et un lien d’allaitement jusqu’à au moins deux ans. Au Pérou (comme en Scandinavie notamment), 99% des bébés sont allaités à la naissance, et 60% le sont encore après 1 an. Le Pérou a mis en place un plan de 8 ans (2013-2021) pour sensibiliser davantage encore les parents et les professionnels aux bienfaits de l’allaitement, et de l’allaitement long plus 
spécifiquement. 

D’autres en parlent !
 http://www.lllfrance.org
 http://papallaitants.fr

–  » L’art de l’allaitement maternel « , Editions Pocket, Collection Evolution
–  » Les années de lait, récit d’un allaitement au long cours « , Marie Australe, Editions L’instant Présent

Et n’oubliez jamais…

   “ VOUS ÊTES LE MEILLEUR EXPERT POUR VOTRE ENFANT.
Quand on me demande un conseil, quel que soit le sujet, ma réponse favorite est  » Qu’est-ce que vous en pensez ? « .
J’aime écouter avant tout ce que l’intuition des parents les invite naturellement à faire.
Il est alors possible que je partage mon ressenti personnel sur le sujet, qui peut être ou non en accord avec celui des parents.
Mais je préfère aider les parents à se reconnecter et à construire leur propre intuition,
plutôt que d’essayer de façonner leurs idées pour qu’elles correspondent aux miennes.
​Et il en va de même pour vous, lecteurs… « 

William Sears 

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